Analyse environnementale



Évitez de mauvaises surprises grâce à l’évaluation environnementale

Les conseils qui suivent vous sont offerts par Patrick Hardy, président de Environnement PH, une entreprise de consultation en environnement.


Avant d’acheter un terrain, il est important de vérifier si les sols ou les eaux souterraines respectent les normes en matière de contamination. Pour ce faire, vous devez avoir recours à un expert certifié, lequel procédera à une évaluation environnementale, soit des travaux de recherche documentaires sur la propriété. L’expert examinera alors les dossiers environnementaux du terrain et se renseignera sur l’occupation historique du site, puis il visitera les lieux. Au cours de ces étapes, il pourrait découvrir :
 

  • Un réservoir souterrain;
  • Des contaminants provenant d’un terrain adjacent;
  • Une trop forte concentration de matériaux polluants.


Si des éléments suggèrent que le sol est contaminé, il faudra prélever des échantillons, qui seront analysés en laboratoire. Cette dernière étape permettra de déterminer si une décontamination est nécessaire. Dépendamment du type de contamination, les sols pourront soit être traités sur place, soit transportés vers un site autorisé à les recevoir. L’évaluation environnementale de votre terrain n’est donc pas à négliger; elle peut vous éviter de mauvaises surprises, autant sur le plan juridique que financier.


Les problèmes de contaminations ne sont pas que des phénomènes isolés. Récemment, un de nos clients a appris que le terrain qu’il s’apprêtait à acheter était contaminé. Le vendeur, pris au dépourvu, a dû baisser le prix de 200 000 $ à 50 000 $. L’acheteur, qui a fait décontaminer son terrain pour 50 000 $, a donc fait un profit de 100 000 $. N’eut été de sa vigilance, l’acheteur aurait perdu une somme considérable.

 

En savoir plus


Phase I – Étude environnementale

Réalisée selon les principes de la norme CSA Z768, l’évaluation environnementale de site phase I est une étude, qui a pour but d’évaluer l’état actuel et le passif environnemental d’une propriété résidentielle, commerciale ou industrielle. Il s’agit d’une étape décisive pour la suite du déroulement des opérations.


Cette étude implique la consultation de documents historiques, une inspection des lieux et la récupération des renseignements auprès des autorités gouvernementales, municipales et auprès d’actuels et anciens employés ou propriétaires ayant une bonne connaissance du site à l’étude.


Analyse des résultats

Deux conclusions sont possibles suite à la réalisation de cette étude :

  • si aucun indice ne laisse présumer une contamination
  • si certains éléments obtenus lors des recherches laissent présumer une contamination potentielle ou réelle des sols ou des eaux souterraines, un échantillonnage devra alors être réalisé par le biais d’une caractérisation environnementale préliminaire (phase II).


Phase 2 et 3 – Caractérisations environnementales

Réalisée selon les principes de la norme CSA Z769-00, l’objectif de la caractérisation est de déterminer la présence ou non d’une contamination et de mesurer la concentration ainsi que l’étendue des différents contaminants dans le sol et les eaux souterraines. C’est donc durant cette étape qu’un échantillonnage est prélevé par le biais de sondages. Les échantillons sont ensuite analysés par un laboratoire accrédité et indépendant.


Une série de normes et règlements développés par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec (MDDEP) est utilisée afin de déterminer le niveau de contamination d’un sol et des eaux souterraines.


Si les résultats de l’analyse en laboratoire déterminent que les échantillons prélevés lors de la caractérisation environnementale préliminaire Phase II, se situent sous les normes d’usage, le sol n’est pas contaminé et il n’est pas nécessaire de passer aux phrases suivantes. Par contre, si les échantillons prélevés ne respectent pas les normes du ministère Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec (MDDEP), des travaux de restauration environnementale seront requis afin de rendre le site conforme.


Se lancer dans une restauration de site sans d’abord connaître l’ampleur de la problématique peut s’avérer périlleux. Certaines situations  ont parfois une dimension insoupçonnée et c’est pourquoi bien définir le panache de la contamination permet d’établir plus précisément la situation à laquelle nous devrons faire face lors des travaux de décontamination, notamment la définition des méthodes à employer, l’estimation des délais et des coûts de réalisation. C’est la raison pour laquelle la réalisation d’une caractérisation environnementale complémentaire Phase III, bien que souvent optionnelle, s’avère judicieuse dans certaines circonstances. C’est généralement au cours de la phase III que l’on assure que la contamination découverte ne dépasse pas les limites du site à l’étude et qu’aucun préjudice n’est causé à un voisin.


Phase 4 – Décontamination

La restauration d’un site peut s’avérer nécessaire lorsqu’une contamination localisée au-delà des normes établies par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec (MDDEP) a été mesurée au cours de la réalisation d’une caractérisation environnementale (phase II et/ou III).


La décontamination peut se réaliser à l’aide de différents procédés, soit :

  • ex situ : excavation et remplacement des sols;
  • in situ : injection d’oxydants chimiques ou d’enzymes, phytoremédiation, etc.


Les critères les plus couramment considérés dans le choix d’une méthode de traitement sont le coût, le temps, l’emplacement disponible sur le site des travaux, le type et la concentration du contaminant, ainsi que la quantité de sols à traiter.


La contamination des eaux souterraines est intimement liée à la contamination des sols. Étant donné que l’eau de la nappe phréatique circule dans les sols, cette dernière peut participer à la propagation de la contamination. Cette eau entraîne les contaminants sur de grandes étendues horizontales et parfois verticales, ce qui complique l’intervention de la restauration. L’eau contaminée faisant résurgence dans l’excavation au moment des travaux de décontamination doit être pompée et traitée avant de pouvoir être rejetée à l’égout.


Saviez-vous que les sols en provenance de l’étranger, souvent collés sur les matériaux importés tels du granite, de la machinerie, des produits en acier, etc., peuvent contenir des virus, bactéries, champignons, insectes ou graines de plantes possiblement nuisibles voire dévastateurs pour notre équilibre!


C’est pourquoi ces sols dits internationaux doivent être pris en charge et disposés de façon sécuritaire en raison des risques liés à l’entrée d’espèces exotiques envahissantes au Canada.


Phase 5 – Suivi

Dans certaines situations, spécialement lors des restaurations minières, d’usines ou de sites d’importances et selon le type de contaminants qui étaient présents dans les sols et les eaux souterraines, il peut s’avérer nécessaire de faire des suivis réguliers annuels et ce, afin de s’assurer l’atteinte des objectifs de décontamination.


Enlèvement de réservoir souterrain

Des réservoirs souterrains (mazout, huiles usées, diesel, essence…) sont parfois identifiés au cours de la réalisation d’une étude environnementale phase I ou d’une caractérisation environnementale (phase II et/ou III). Ces réservoirs peuvent être une cause de contamination potentielle (déversement, perforation, etc.) et ils doivent être retirés s’ils ne sont plus utilisés.


Tout d’abord, le réservoir souterrain doit être vidé de son contenu, nettoyé et retiré du sol. Des observations sont alors effectuées afin d’évaluer l’état du réservoir (perforation, rouille, etc.). Suite à l’enlèvement du réservoir, un échantillonnage des sols de l’excavation (fonds et parois) est réalisé afin de s’assurer qu’aucune contamination n’y est présente. Ces travaux font ensuite l’objet d’un rapport technique permettant de confirmer l’état des sols à la toute fin des opérations.


Travaux en sous-œuvre

Il est possible que la contamination présente dans les sols ait migré jusque sous un bâtiment. Environnement PH inc. est en mesure d’extraire les sols contaminés présents sous les bâtisses, lorsque ce travail s’avère physiquement possible. Les sols contaminés, présents sous le bâtiment, sont excavés tandis que l’édifice est stabilisé de façon sécuritaire. Le vide créé sous l’immeuble est ensuite comblé, de façon à restaurer les sols et garantir la solidité nécessaire au bâtiment. Ce procédé est effectué afin de redonner pleine valeur au site pollué.


Ces travaux sont parfois afin de compléter une réhabilitation (phase IV). Ce type d’intervention permet d’éliminer toute contamination présente sur le site.

 

Source : (Patrick Hardy, Président de l'entreprise: Environnement PH)
L'expertise environnementale à votre service, 2012